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Le Ferrol est sans doute la partie la mieux exposée de Galice et jouit de la meilleure fenêtre de houle de l’Europe du Sud : les houles de N-E comme de S-O donnent de bonnes sessions pour celui qui est prêt à tailler la route. Certes l’eau reste fraîche toute l’année comme au Portugal et la pluie y est fréquente mais on y surfe tous les jours.
Spotcheck
La région d ’El Ferrol se révèle être la zone de spots la plus riche, la plus consistante et la plus accessible de Galice.
Commençons par Pantin, certainement le spot le plus connu car il accueille une compétition EPSA depuis plusieurs années. Le beachbreak a tendance à fermer mais sur la droite de la plage, un plateau rocheux émergé fixe à la bonne marée une mine de bancs de sable.
En continuant on passe à Valdoviño un spot qui prend bien la houle, puis à Campelo, un beachbreak bien creux qui balance des pics parfaits. Le panorama ne démérite pas et l’eau scintille d’un vert-bleu pas toujours en vigueur dans ces rias polluées. En plus, même en plein mois d’août, ça sature rarement de monde.
Les locaux appellent Playa San Jorge le " Mundaka galicien ". La gauche casse sur du sable et se dézippe sur un banc de sable légèrement incurvée. Y’a du courant mais quelle vague !
Doniños, à quelques 30 km d’El Ferrol est un bled tranquille avec une tripotée de spots qui permet de surfer à toutes les marées. Côté vent, c’est le seul spot abrité du vent de nord / nord-ouest, le "francès" comme ils l’appellent. Mais quand, c’est sud-ouest/ouest, tout ou presque est onshore.
Le décor
La province est un peu moins montagneuse que les provinces Cantabriques (Pais Vasco, Cantabrie, Asturies) mais offre un paysage tout aussi radical : de hautes falaises, parfois enveloppées de brumes tenaces, surplombent des estuaires très découpés, que les Scandinaves appellent des fjords mais qu’on appelle ici des rias, comme en Bretagne d’ailleurs.
Bien qu’on y trouve beaucoup de coins d’une beauté sauvage, on note aussi une industrialisation massive sur certaines rias. La côte est très développée par endroits avec des villes de taille moyenne qui contrastent avec les petits villages aux toits d’ardoises et les restes de la civilisation celte comme les castros (villages fortifiés) et les dolmens.
Les alentours de Doniños sont à croquer, les forêts d’Eucalyptus succèdent à des paysages bucoliques mi-Breton, mi-Espagnol. Le site est encore bien sauvage et devrait le rester quand on sait qu’un mec a essayé un jour de construire des cabanons et qu’ils ont été brûlé par un local soucieux de laisser le site vierge de toutes constructions sérieuses. On y voit des fermes avec les traditionnels pilotiers, ces greniers sur pilotis qu’on retrouve près de chaque ferme.
La route
La Galice, c’est un peu le bout de l’Europe ! On n’a pas l’impression, comme ça sur la carte mais c’est presque aussi loin que le Portugal.
On peut tracer d’un coup les 8 heures de route depuis la frontière, nécessaires pour arriver à destination mais mieux vaut prendre son temps. La route est longue et vallonnée et mieux vaut ne pas s’énerver en appuyant sur le champignon car des hordes de flics veillent au grain.
Attention d’ailleurs à la frontière entre les Asturies et la Cantabrie, beaucoup se sont fait choper pour un dépassement de ligne blanche. 2 solutions : soit on rentre dans un procès coûteux, soit on raque tout de suite en liquide et c’est moins cher. Bizarre mais c’est comme ça et les flics vous suivront même jusqu’au distributeur pour que vous retiriez de l’argent !
La partie orientale des Asturies est une horreur, une enfilade de virages serrés avec des camions en permanence qui ralentissent le trafic à une allure stroboscopique. Enfin, pensez aux pèlerins de St-Jacques de Compostelle qui faisait ce trajet à pieds !
A chaque ria, la route s’enfonce profond dans la vallée pour aller chercher le pont qui permet de traverser ces bras de mer qui entaillent régulièrement toute la côte nord montagneuse de l’Espagne. Tantôt, c’est un village de pêcheurs aux allures de dépliants touristiques tantôt c’est un "poligono industrial" avec assez de cheminées et de cuves pour te donner froid dans le dos. C’est marrant cette alternance de jolies baies et de zones industrielles. Quand c’est de jour, ça va, on regarde le paysage mais de nuit, c’est pénible.
Pas de vagues…
Allez donc faire un tour à Ferrol, ville d’environ 100.000 habitants, nichée au plus profond d’une ria. Autant dire que ça ne rentre jamais mais la ville est sympa et animée.
D’abord elle offre une population étudiante florissante, mais surtout elle présente la particularité d’avoir plus de filles que de mecs : 60 % / 40 % , c’est véridique !
Ca veut dire aussi que les sorties nocturnes dans le quartier d’El Canton sont plus que sympathiques. Les Espagnoles adorent les petits français et c’est toujours plus facile pour lier le contact.
Les boites ne manquent pas et comme souvent en Espagne c’est techno à fond les ballons : ça fait mal aux tympans, mal à la tête mais vous avez jusqu’au petit matin pour conclure.
Meteo
La Galice, par sa situation au nord-ouest de l’Espagne reçoit fréquemment les bouts de perturbations qui circulent d’ouest en est.
Ce qui lui donne cette humidité perpétuelle qui lui fait tant ressembler à la Bretagne.
C’est logiquement la partie la plus arrosée de l’Espagne et c’est vrai qu’il y pleut souvent mais ça ne dure jamais. Il est rare d’avoir plus d’une demi-journée bouffée par la pluie. Ca tombe puis ça s’éclaircit, c’est ce qui fait aussi le charme de cette région. On ne s’ennuie pas car la lumière change sans arrêt et justifie si bien le dicton populaire : "après la pluie, le beau temps "
Foule contact
Comme il a des spots partout, cela permet de surfer peinard le plus clair du temps.
Ce qui est marrant , c’est la proportion de bodyboarders qui fracassent et surtout la présence massive de "chicas" qui surfent. De quoi égayer un peu les lineups !
A Doniños il y a bien un club de "surfistas" locaux installé dans les barraquements de la Croix-Rouge. Mais là, c’est cool. Ni Black Shorts, ni White Shorts ni même de Red Shorts, les locaux arrivent en bus depuis Ferrol pour certains et se calent toute la journée en alternant pétards et sessions de surf. Sans emmerder personne.
Pour
• Multiples combinaisons de swell et de vent.
• Paysages variés et dépaysants.
• Coût de la vie moins élevé qu’en France.
Contre
• Temps imprévisible et rarement ensoleillé.
• Eau fraîche en toutes saisons.
• Longue route d’un spot à l’autre.
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