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Marcio Zouvi vient chez UWL Surfboards presque tous les ans. Le voyage étant l'un des plus beaux avantages de son métier. Depuis plusieurs années, la marque française et le shaper californien se connaissent et se respectent, amenant au fil du temps un partenariat qui dure maintenant depuis plus de deux ans. Les deux ateliers s'accordent sur de nombreux points, depuis le design aux finitions. Et Marcio en profite à chacune de ses visites pour rentabiliser son voyage en suivant quelques surfers sur les compètes estivales et créant au passage pour Patrick Beven, Jérémy Florès et d'autres.
En près de 20 ans de shape professionnel, Marcio a fabriqué plus de 20.000 surfboards.
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Où as-tu grandi ? J'ai passé mon enfance au Brésil. Puis j'ai déménagé en Amérique quand j'avais 20 ans.
Comment t'es-tu mis au surf ? Quand j'avais 10 ans... Mon père jouait au beachvolley sur la plage et je passais toutes mes journées dans l'eau.
Tu as donc appris tout seul ? Oui, en compagnie de mes potes.
Tu as un spot préféré ? Sunset cliffs chez moi à San Diego. Et les Mentawais en Indonésie.
Combien de fois tu es venu en France ? Disons, deux fois à La Rochelle, puis trois à Quiberon et deux autres à Biarritz. Au total environ sept fois. D'ailleurs je commence à parler français...
L'argot aussi ? Oui, beaucoup de ça. Mais je ne peux pas dire ce genre de mots en public.
Pour exemple, quel est le terme français que tu utilises le plus souvent ? « Incroyable » !!
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Tu comptes le nombre de surfboards que tu shapes en une semaine ? Chacune est identifiée par un numéro de série. Ça me permet de contrôler la qualité et d'organiser la production. Donc je sais que c'est entre 10 et 15 par jour. Mais nous sommes huit à travailler dans mon atelier.
Quand et comment es-tu devenu shaper ? J'ai commencé au Brésil pour m'amuser. Je faisais des boards pour mes potes. Puis en Californie, j'en ai fais mon métier.
En parlant de SharpEye, comment t'es venue l'envie de créer ta marque en 1992 ? Je travaillais comme shaper pour 'Gordon and Smith'. Et j'ai décidé de fonder mon entreprise. L'idée de SharpEye est née d'une vision. Le logo a d'ailleurs été conçu pour illustrer cette idée.
Que veux-tu dire par 'vision' ? Le fait de savoir ce dont le marché avait besoin à cette époque ? Non. Plutôt le fait que je voyais des choses dans la mousse que les autres ne voyaient pas.
Comment a évolué SharpEye depuis ? De façon très naturelle. Nous avons progressé chaque année en investissant dans l'entreprise et le marketing.
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Tu travailles avec d'autres shapers régulièrement ? Et y'en a t-il avec qui tu aimerais collaborer ? Difficile à dire. Je connais beaucoup de shapers et dans mon atelier, nous produisons du Pat Rawson et Xanadu. C'est toujours intéressant de voir dans quelle direction évoluent leurs designs.
Quelles sont tes principales influences ? Peut-être Al Merrick pour l'Amérique et Webber pour l'Australie.
Quels sont les surfers qui t'aident à perfectionner tes boards ? J'ai des team-riders. Beaucoup d'entre eux ne savent pas comment décrire ce qui se passe avec une planche. Dean Randazzo est assez difficile mais donne de nombreux conseils et avis que je peux traduire pour engendrer les modifications nécessaires au niveau du design. Ce qui me permet de bien améliorer les performances.
Quoi d'autre t'aide à améliorer tes oeuvres ? Tout d'abord il faut surfer pour comprendre de quoi parler le rider. Il faut aussi être ouvert d'esprit et savoir qu'on en apprend tous les jours.
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Tu utilises le logiciel SURFCAD. Comment ça marche et quels sont ses avantages et inconvénients ? Le logiciel est excellent. Seuls quelques petits détails demandent des arrangements. En ce qui concerne la machine, la fabrication sera mise à jour pour la création d'un nouveau modèle plus solide et plus rapide en 2007. Il existe d'autres machines sur le marché mais DSD est la plus utilisée et la plus simple d'utilisation.
Tu sembles beaucoup aimer la technologie. Penses-tu un jour revenir aux techniques old-school ? Je ne pense pas qu'il soit utile de revenir aux anciennes méthodes. Quand je prendrai ma retraite, les nouvelles machines consisteront en robots pouvant shaper avec plus de précision et de rapidité. Cependant, les designs resteront la part créative du shaper seul.
Pour finir, as-tu un conseil pour ceux qui aimeraient fabriquer leurs propres planches ? Chaque surfer devrait savoir comment est faite une board. S'ils sont capables d'en construire une, c'est encore mieux. De cette façon, ils respecteront le travail de leur shaper encore plus, connaissant la difficulté et l'intensité de sa mission.
Marcio sera chez UWL jusqu'au 18 mars...
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