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(...)Il était une fois un maire qui avait de grands projets pour sa petite ville, j'ai nommé la belle et douce commune de Sanary-sur-Mer, dans le non moins doux et beau département du Var.
Ah ! Sanary, son petit port de pêche, ses cigales et son pastis, ses touristes et leurs coups de soleil, ses glaces à l'italienne, ses chichis, la belle plage de Portissol ... Et son maire.
Son maire, un homme... disons... euh...très spécial. Le maire de Sanary n'était pas très sympa. Remarquez, c'était pas son job, théoriquement du moins, d'être sympa... Non, là, j'exagère. Je rectifie : en réalité, M. B. voulait le meilleur pour sa paisible bourgade. Seulement, les jeunes, les drogués et les prolos, c'était pas son truc. Ca sent pas bon, c'est pas poli, peu esthétique en ville comme sur les plages. Certains de ces désoeuvrés possédaient même des chiens ! Alors, comme Monsieur B. voulait le meilleur pour sa commune, il prit un arrêté municipal anti-chiens, et un arrêté municipal anti-poivrots (prudent, il n'osa pas édicter l'arrêté anti-prolétaires, mais prit tout de même un arrêté anti-forains).
Le pire de la chienlit, je vous le dis, c'étaient quand même ces « skatères de borde ». En « ville », ils faisaient rien qu'à faire peur aux mamies (85% de la population à l'époque) et aux touristes, et quel accoutrement ! Le cul à l'air Môôsieur ! Avec leur patalon sac à patates ! Comme M. B. voulait le meilleur pour sa commune, il prit un arrêté municipal anti-squateur de borde. Et, doté paraît-il d'un puissant organe, il proclama haut et fort que s'il en reprenait un à faire de la planche à roues dans sa commune, et bien il lui « casserait en quatre son squateuborde » !... M. B., à défaut d'être un grand démocrate avait l'étoffe d'un chef ! C'était dans l'air du temps, en 2007
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M. B. rêvait de cocotiers, de sable blanc et de touristes blindés. Il voulait le meilleur pour sa commune. Problème : la nature n'avait pas prévu de doter Sanary-sur-mer d'un atoll de corail. Un scandale en soi, il est vrai. Mais comme « impossible n'était pas Ferdinand B. », ils allaient voir ce qu'ils allaient voir... : « Miami Beach » ! Ca y était, M. B. allait enfin marquer l'histoire du Tourisme International Varois (le fameux TIV), avec une grande hache, pardon avec une grande tâche, euh...non, avec un grand H, pardi. « Miami Beach », la Pyramide du Louvres de M.B., une empreinte indé(lé)bile pour témoigner aux générations futures de la grandeur et de la puissance Sanaryenne !
Re-problème : à ce moment-là, en 2007, « Miami Beach » c'était encore Port-Issol, c'est-à-dire une baie odieusement naturelle, avec des vrais cailloux, une petite falaise qui avait parfois l'outrecuidance de s'écrouler, et parfois même des vagues, qui chahutaient les baigneurs et embêtaient le maître-nageur spécialisé en piscine d'intérieur. Et figurez-vous que depuis une quinzaine d'années au moins, des « moréyistes » et autres « surfistes » avaient pris l'habitude de s'ébrouer tels des zouaves inconscients dans ces rouleaux de mer. Ridicules ! ... C'étaient sûrement des « rmistes » d'ailleurs. Bref : il fallait se débarrasser de ces zigotos, ils n'avaient qu' à aller à Bonnegrâce, sur la proche commune de Six-Fours, voire à « Biarrisse dans le Sud-Ouest », s'ils étaient vraiment des surfistes de rouleaux de mer, d'abord. En plus ils risquaient de nuire au projet de classe internationale, « Miami Beach » ? Alors, M. B, qui voulait le meilleur pour sa commune, prit un arrêté anti-surfistes. Et se ridiculisa devant la France entière pour, « à quelques riders » avoir fait tant de misères. (...)
Par Kévin-Marcello Ponce-Puilatte, in « Portissol, Souvenons-Nous », éditions du Tractopelle, collection « la nature, pourquoi faire ? », éd. 2038.
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SANARY=BIRMANIE ?
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Ferdinand Bernhard, maire de Sanary, est Monsieur B. Sans doute avez-vous eu vent de cette pagnolade de mauvais goût notamment sur le net (cf news agoride, google, youtube...), dans la presse locale, ou à la télé. Des surfers et bodyboarders verbalisés pour avoir surfer leur spot, des planches confisquées par la police municipale... Un surfer tentant de s'échapper du spot par la mer, poursuivi par un zodiac municipal, ledit zodiac qui se renverse dans les rochers avec un policier municipal qui finit aux urgences...Et un sacré bordel médiatique avec la manifestation aquatique des riders opprimés qui a suivi, relayée très largement par les médias grâce à la pugnacité des riders Sanaryens entre autres.
Peut-être avez-vous lu la news « Le Maire de Sanary pète les plombs » et ses commentaires enflammés (euphémisme) ... Alors je ne vais pas (trop) revenir sur l'illégalité grossière que constitue cet arrêté surréaliste. D'ailleurs, le maire de Sanary est un habitué du tribunal administratif, un tribunal qui a annulé bon nombre de ses arrêtés (le dernier en date : l'arrêté anti-chiens sur recours d'assos de protection des animaux). Pas plus que je ne m'étendrai à nouveau sur l'irresponsabilité de la course-poursuite aquatique orchestrée par M. Bernhard, qui aurait pu très mal tourner. Et qui était elle aussi parfaitement illégale, tout comme les confiscations abusives de planches.
Ce dont je vais vous parler aujourd'hui, c'est de la réunion qui a eu lieu il y a quelques jours entre Ghislain Gendron, représentant de la surfrider foundation pour le Var, et Monsieur Bernhard. Et aussi du projet délirant de « Miami Beach », véritable désastre écologique annoncé (pas trop fort).
Tout d'abord, voici le compte-rendu de réunion reçu de Ghislain :
« Résumé de mon rendez-vous en tant que responsable local Surfrider du vendredi 21 septembre avec Mr Ferdinand Bernhard, Maire de Sanary.
• entretien courtois, intéressé sur ma ville de résidence, mon emploi, ouf je ne suis pas de l'opposition! • « surfrider ? » connaît pas à ses dires... • Il botte en touche pour le problème de la zone de baignade avec les surfeurs dedans qui se sont faits virer avec des amendes + boards confisquées et abîmées. Au passage il compte bien "les casser en quatre comme les squat board" s'il choppe à nouveau des surfeurs, genre un peu la haine contre eux à cause du bordel média repris par l'opposition. Pour lui, le chef du poste de secours lui a indiqué qu'il allait mettre le drapeau rouge car des surfeurs étaient à l'eau dans sa zone de baignade et représentaient un danger pour la baignade...je dirai plus des emmerdes à venir pour lui si un accident se produisait avec un baigneur. Le rouge alors lui permettait de se couvrir en cas de pépin. Le Maire a fait alors intervenir les services de police pour rétablir l'ordre des choses, dont l'application de son arrêté interdisant la pratique du surf sur son territoire! Il m'a "confié" qu'il s'en foutait que les surfeurs pratiquent avec les baigneurs...mais comme le chef de poste ne pouvait pas travailler dans son cadre juridique il a envoyé la cavalerie...qui faillit se noyer! • Il ne voit pas d'inconvénient, personnellement, qu'à partir du moment où le drapeau rouge est en place, les surfeurs puissent pratiquer dans la zone de baignade (sur le pic). (...) Sur ses projets d'aménagement des plages qui sont pour le moment bien trop petites pour accueillir encore et encore les touristes, sous le vent de stations d'épuration archi-saturées, régulièrement défectueuses en période estivale, il dit ceci : • Là, après lui avoir demandé des détails sur les équipements "stabiplage" (voir site internet), la nature des travaux, le but, les échéances...à ses réponses évasives, "pas au courant, dans longtemps, je connais peu ou pas le dossier..." Là je sens qu'il me prend pour un con. • En résumé il est au courant de rien, "c'est l'éminent professeur Chassefière, le spécialiste mondiale du génie côtier" qui s'occupe bénévolement du dossier...Questions: Connaissez-vous le prof Chassefière, the best of the coast, à ce qui parait, de l'université de Nice, retraité je pense...? • Vu le nombre d'appels d'offres concernant des travaux et leurs coûts sur les (encore) maigres plages Sanaryennes, je me dis que ce ne sont plus quelques petites modifications qui sont en projet mais bel et bien des changements radicaux des paysages, dans l'idée d'en faire des lieux d'exploitation de la manne touristique au détriment des éléments naturels terrestre et immergés... et je vous parle même pas des pratiquants locaux du surf! (...) »
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Précisions et interrogations :
Evidemment, un maire peut réglementer les activités nautiques sur le territoire de sa commune dans un souci de sécurité, de préservation de l'ordre public, comme on dit. A ce titre, on peut comprendre qu'il soit interdit de pratiquer le surf au milieu d'une zone de baignade, ça n'a rien de choquant. Par contre, interdire pendant toute la période estivale la pratique du surf sur le seul spot surfable d'une commune, c'est autre chose. Ce type d'arrêté liberticide est classiquement annulé par la jurisprudence administrative, car un maire ne peut pas édicter par arrêté des interdictions trop étendues dans le temps et l'espace, et les restrictions aux libertés publiques doivent être justifiables au regard notamment de la sécurité des personnes, ou plus généralement du fameux ordre public. Le principe reste la liberté, l'interdiction l'exception. On n'est pas en Birmanie. Quoique...
Le hic, c'est qu'il semble que les délais de recours pour faire annuler l'acte administratif que constitue un arrêté municipal soient dépassés. Reste alors à essayer de comprendre les motivations de ce maire et à tenter de lui faire entendre raison. C'est notamment pourquoi il a été fait appel à l'association Surfrider Foundation afin qu'une réunion soit organisée avec M. Bernhard.
Or, ce dernier refuse de s'expliquer sur l'incohérence de cette interdiction de surfer. Le spot de Portissol, c'est une dalle rocheuse à fleur d'eau où se brise les bons jours un barrel des plus sauvages. Il est absolument impossible matériellement que se produise une collision entre surfers/bodyboarders et baigneurs, puisque la dalle est inaccessible à la nage à cause des courants qui l'entourent. Quand on connaît l'endroit, on ne peut pas comprendre les raisons de sécurité invoquées par les intéressés (mns, municipalité)... Alors, l'histoire de la zone de baignade et du drapeau rouge relève de la pantalonnade ! Suivez le raisonnement, ça déchire : drapeau rouge=baignade interdite. Baignade interdite = collision entre surfers et baigneurs ?
La zone de baignade comprend-elle la dalle « à sec », inaccessible à la nage en présence de houle ? Si tel est le cas pourquoi prendre un arrêté interdisant le surf sur la plage de Portissol alors qu'il suffirait de faire appliquer comme partout dans le monde le respect d'une zone de baignade délimitée par des drapeaux ? Tout ceci est bizarre.
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Sur youtube.com notamment on peut voir filmées les verbalisations subies par des jeunes bodyboarders et surfers alors qu'il n' y a absolument pas un baigneur dans l'eau (en juin)... D'autant qu'il semble qu'il n'y ait jamais eu d'incidents sur cette plage et que les reportages télé sur la manif montraient des baigneurs plutôt acquis à la cause des manifestants ...
Bref, on a beau réfléchir, on n'arrive pas comprendre les raisons ayant motivé l'arrêté municipal le plus débile de France. Peut-être que cette interdiction participe de la logique plus vaste de ce maire de transformer sa commune en haut lieu du tourisme « haut de gamme quoique massif » ? Selon tous les documents officiels que l'on a bien voulu me faire parvenir (merci), le projet du maire, dont le coût s'élève à plusieurs millions d'euros, serait de "fermer" la baie de Portissol au moyen d'un récif artificiel (« stabiplage », sacs de sable) destiné à briser la houle, afin d'ensabler le spot pour en faire une de ces pataugeoires pour touristes.
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Et manifestement, M. Bernhard est, une fois n'est pas coutume, d'une discrétion « remarquable » quand il s'agit d'annoncer à ses administrés la nature exacte (et le coût) des travaux entrepris. Alors que la crique de Portissol est un endroit magnifique au naturel, plein d'authenticité et de charme. Mais pas adapté au tourisme de masse. Se débarrasser des surfers fait peut-être partie alors du plan « Miami Beach » (sic) de la municipalité, afin de pouvoir « tout péter » sans opposition ? Peut-être que ce maire imagine que les surfers ne comptent pas, pas assez nombreux, trop jeunes, trop marginaux, illettrés, abstentionnistes ? Et il n'y a pas que des surfers à vouloir préserver ce site naturel. C'est tout de même un peu gros, non ?
On aimerait bien y voir plus clair car on n'y comprend rien.
Peut-être plus simplement que M. Bernhard s'en fout, et qu'il a prit cet arrêté pour faire plaisir à quelques personnes, chargées de la surveillance de la plage notamment, que son projet de plage artificielle n' a pas de rapport avec l'interdiction de surfer ? Peut-être encore que M. Bernhard, hanté par toutes ces histoires de maires mis en examen pour violation de leur obligation de sécurité, est persuadé que sa responsabilité pourrait être en cause si un surfer ou un bodyboarder venait à se blesser sur la dalle ? Auquel cas, il faudrait qu'il s'interroge sur le point de savoir comment il est possible de pratiquer le surf dans toutes les autres communes de France où déferlent des vagues ! Il n'existe, en définitive, aucune justification plausible à cette mesure aussi idiote que tyrannique. Et l'argument tiré du fait que les riders sont peu nombreux est inopérant et ne saurait justifier que cette situation perdure.
En tout cas, s'il aboutit, le projet « Miami Beach » aura comme effet direct de priver ad vitam eternam les sanaryens de toute possibilité de pratiquer le surf ou le bodyboard sur le territoire de leur commune. Ce qui n'est certes pas aussi dramatique que la destruction d'une belle plage naturelle. Les riders (avec le concours de la ligue méditerranéenne de surf et on l'espère de la fédé) et les assos comme la surfrider ne laisseront pas faire. L'opposition municipale non plus (qui réunit quasi-tous les courants politiques, sauf celui de M. Bernhard), tout comme les medias, qu'ils soient généralistes ou spécialisés. Cette affaire a déjà dépassé le cadre du surf ou du body et va continuer à faire une bien vilaine publicité à la municipalité sanaryenne actuelle.
Affaire à suivre
Merci à toutes les personnes de Sanary et d'ailleurs qui ont bien voulu me fournir les documents et explications nécessaires à la compréhension de cette affaire.
RD
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Tout d'abord, merci pour cet article qui reflète bien l'actuel problème de portissol.
Je surf avec mes amis cette vague depuis plus de 7 ans, et les seuls problèmes à déclarés ont été les altercations avec les CRS (Ceux qui ont fini dernier de leurs concours et par ce fait les contraints à "surveiller" des plages présentant pas vraiment de risques mise à part pour eux même...).
Cependant, une majorité des sanaryens et sanaryennes dont je fais partie soutienne les surfeurs, merci.
Les actuels surfeurs de portissol ne sont pas les locaux californiens dans les année 70's, mais au contraire, cette passion nous rapproche des citoyens de tous ages qui aiment leurs ville.
Je n'ai pas parlé du désastre écologique que crérai ce projet, car je n'ais pas les connaissances nécessaires pour cela, mais juste des aspects relationnels que constitue portissol pour toutes les générations.
Amis Surfeurs, bodyboardeurs, écologistes et sanaryens il va falloir sauver ce que l'on a toujours protégé.
Ba oui le tourisme sa fini souvent dans les poche de vous-savez qui...
Maintenant si il veut du tourisme il na qu'a aller se présenter comme maire a miami... Sa fera du bien a tout le monde.
Arrestation et tt...
Les mecs faut qu'on se bougent et qu'on ne se laisse pas faire!
a+
Z
je viens en vacances à PortIssol depuis plus de 40 ans. Le surf et le morey s'y pratiquent par mistral et ne gènent absolument pas les baigneurs...
Par contre, si la mairie ne s'explique pas tout de suite sur ses projets de transformation d'un site naturel, je compte m'énerver très sérieusement...
Les municipales approchent...
ICI C'EST PAS MIAMI, C'EST SANARY!!!
Bordel...
on les menace de casser les planches
le maire de Sanary est allé en vacances à Miami ou alors il a vu Miami Vice ou les experts à Miami
un flash : "je veux que toutes les plages de ma ville soient dans le format Miami" (avec les filles ?!?)
et voila 3 projets sur 3 plages, digues, palmiers...
la possidonie on s'en fout
les écosystèmes on s'ent fout
les surfeurs on s'en fout
à suivre
Des drames écologiques se déroulent à Sanary sur mer, avec l'inertie totale des services de l'état...
Il n'est pas encore trop tard pour agir contre la digue sous-marine, les oeuvres d'art immergées (et oui vous lisez bien) et l'enrochement aérien du sentier littoral avec du "béton projeté".